« Ce qu’il reste des
anges », dit-elle de ses sculptures, empreintes de corps disparus, enfuis. Suspendus, ils flottent, irréels, blancs, vides !
Depuis quelques années, Fanny Alloing
s’applique à saisir le murmure des anges.
Elle dit : « j’aime les gens
et je suis chacun d’eux » Le moulage est un moment primordial, un temps décisif, échange silencieux et concentration. Formes pures, figées, les corps émergent lentement, immaculés, ouverts.
Visages immobiles, pâles, sans regard. Impassibles, en aucun point, troublés par notre prétentieuse agitation, ils restent là, hors du monde et cependant tout près de nous, bienveillants,
protecteurs, anges gardiens. La légèreté des matériaux, bandes plâtrées, soie, papier, laisse voir comme de la peau en transparence, l’intérieur autant que l’extérieur. La profondeur révélée
derrière l’apparence. Il se dit là quelque chose sur la fragilité de la forme humaine ; on chuchote un au-delà de la chair !
Abandonnées lors d’un passage sur la
terre ces blanches chrysalides ne seraient-elle pas justement l’enveloppe de l’âme ? Une porte s’est ouverte, nous sommes invités à méditer. Sans bruit et avec infiniment de douceur, nous
sommes conviés à contempler l’inconnu, le grand vide, l’immensité à laquelle nous appartenons. Dans la tendre lumière d’une chapelle, une cérémonie paisible est offerte à nos regards ; elle
témoigne des cycles de l’existence, nous conte le passage du temps, les transformations de toute une vie. Et si ces êtres pâles, si tranquilles et si beaux nous parlaient simplement de la
disparition des corps, de la mort inévitable.
Retrouvez l'exposition
« Ce qu’il reste des anges… » de Fanny ALLOING du 1er juillet au 30 août 2009 à l’espace Saint Louis (Ville Haute). Vernissage le Mercredi
1er Juillet à 18h30. Organisée par l'association "Expressions".
Beauté et fragilité du chemin : « être et disparaître ».
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